Deutscher Gewerkschaftsbund

Former l'economie

L'économie n'est pas une fin en soi. Elle doit être au service des besoins de l'homme et des objectifs de la société. Pour les syndicats, le plein emploi, la répartition équitable des biens et l'amélioration de la qualité de vie restent les objectifs prioritaires de toute action économique. Ces objectifs sont indissociables d'un développement durable au niveau mondial, d'une croissance qualitative et d'un ordre mondial plus juste dans le secteur social.

1. Réaliser le plein emploi.

Les syndicats veulent atteindre ces objectifs à l'aide d'une stratégie aspirant à des réformes sociales et écologiques permettant de vaincre le chômage et de concilier croissance économique et protection de l'environnement. Cette réforme socio-écologique passe volontairement à côté de l'idée, qu'il faudrait sacrifier les réformes sociales dans le domaine de la politique sociale et de la politique écologique pour ne pas perdre les marchés mondiaux. Nous voulons établir un lien utile entre la capacité de faire des réformes et la compétitivité.

Toute compétition avec les pays à bas niveau de salaires, avec de mauvaises conditions de travail et un standard écologique diminué, ne saurait rétablir le plein emploi et améliorer la compétitivité. Les syndicats préconisent par contre une compétition basée sur la qualification et la créativité des salariés et sur la production de biens compatibles avec la protection de l'environnement et utiles pour la société. Notre devise: compétition par innovation sur la base d'une compétitivité équitable.

L'Etat social doit redorer le blason du travail et de l'emploi et orienter sa politique financière et fiscale à ces deux concepts. Il faut désigner de nouvelles priorités pour l'économie et la politique structurelle. Il faut donner des perspectives durables au secteur industriel, qui est le pilier central de l'Allemagne comme site industriel.

Education, recherche et technologie représentent les facteurs-clefs pour affronter la concurrence au niveau mondial et pour lutter pour le rétablissement du plein-emploi. Les syndicats préconisent une offensive en matière d'innovations, basée sur un concept à long terme et subventionnée par l'Etat. Elle doit permettre de créer de nouveaux emplois, de conquérir de nouveaux marchés et d'ouvrir de nouveaux champs de croissance; elle doit soutenir durablement l'évolution de l'économie. Nous exigeons des mesures de consolidation pour l'infrastructure déjà en place, dans les domaines du traitement de l'eau et des eaux usées p.ex.; nous demandons la modernisation de ces secteurs, tout comme celle des secteurs de l'énergie, des transports, des télécommunications et des affaires sociales. Le secteur des transports doit continuer à miser sur les systèmes compatibles avec l'environnement et ne consommant que peu d'énergie. Les mesures de la politique de recherche et de technologie doivent favoriser les stratégies visant à des réformes socio-écologiques. Il faudra augmenter considérablement les moyens prévus à cet effet, afin de lancer des réformes socio-écologiques et pour préserver l'avenir de l'Allemagne comme site industriel. Les petites et moyennes entreprises doivent être secourues dans le cadre d'un plan bien établi.

Il faudra utiliser également des crédits publics pour soutenir les investissements prometteurs. Ces dépenses seront payantes, car elles vont créer à long terme de nouveaux emplois et faire monter les recettes budgétaires et fiscales.

Pour les syndicats, la politique européenne doit également assumer une part de responsabilité pour le plein-emploi. Nous sommes en faveur de l'Union économique et monétaire et d'une monnaie européenne commune. Mais elle doit se placer dans le cadre d'une politique économique et structurelle orientée sérieusement à l'objectif du plein-emploi et visant à réaliser par le biais d'une politique sociale et écologique active en Europe l'objectif d'une Union Européenne sociale.

2. Croissance et changement écologiques

Pour assurer l'avenir des hommes, il sera nécessaire de changer rigoureusement la façon de diriger les affaires écologiques. Il est inconcevable, que 20% de la population mondiale consomment 80% des ressources. Il faudra réduire considérablement la consommation des ressources et de l'énergie.

Nous devons résolument passer d'une protection de l'environnement de "réparation" à des actions de "prévention". Il faudra donc limiter les émissions dans l'air, dans l'eau et dans le sol, afin d'éviter toute détérioration superflue. Les productions agricoles et industrielles doivent s'orienter aux nécessités écologiques. Il faut aspirer à une économie largement cyclique et à des produits dématérialisés, durables, renouvelables et ménageant les ressources. Nous sommes opposés au transfert à l'étranger des productions nuisibles pour l'environnement et nous favorisons la reconversion écologique aux sites industriels déjà existants. Ce qui présuppose que les conséquences sociales de la reconversion soient prises en considération et qu'elles soient intégrées avec les spécifications écologiques dans le processus d'ensemble.

Changement écologique signifie également changement durable de nos habitudes de consommation et de vie. Nous voulons que le bien-être de la population soit augmenté par le biais d'une amélioration de la qualité de vie. Des produits durables, une infrastructure améliorée, une urbanisation écologique, des marchés fortement régionalisés et un environnement sain - autant de facteurs, qui permettent de réaliser de bonnes conditions de vie.

Les syndicats veulent que la nécessité de la protection de l'environnement soit reconnue au niveau international. Nous exigeons des standards écologiques de grande qualité largement identiques en Europe et - dans la mesure du possible - partout au monde. Aux nations industrialisées de donner dans ce contexte l'exemple.

L'approvisionnement en énergie compétitif, sûr et compatible avec l'environnement est l'un des objectifs principaux de toute réforme socio-écologique. La production et l'utilisation rationnelle et économe de l'énergie joue un rôle-clef dans toute évolution durable. Les énergies renouvelables sont à favoriser dans la recherche, ainsi que pour le développement et le lancement de nouveaux produits. Une priorité est également à accorder à l'amélioration de l'efficacité dans la transformation de l'énergie. Le recours aux ressources énergétiques fossiles sûres est à concilier avec les standards valables pour la protection de l'environnement.

Les syndicats préconisent pour des raisons économiques, sociales et écologiques une politique énergétique permettant de renoncer le plus rapidement possible à l'énergie nucléaire. Afin de supporter les conséquences sociales d'une telle mesure, il sera nécessaire de réorienter toute la politique énergétique dans son ensemble, ce qui exige un examen attentif des conséquences économiques, sociales, écologiques, technologiques et politiques d'une telle décision.

La biotechnologie a été reconnue comme un secteur de croissance prometteur. Mais on ne saurait présager des chances et des risques inhérents au génie génétique. Il s'agira donc de renforcer l'effort de recherche et de mener un dialogue de société, afin d'élucider toutes les conséquences pour l'environnement, le consommateur et les conditions de travail.

Les priorités accordées dans le cadre de la politique des transports doivent continuer à s'orienter encore plus aux nécessités de la protection de l'environnement. Le DGB préconise un système intégré de transports aboutissant à une réduction du volume et à une optimisation des transports.

Les réformes écologiques doivent être lancées à l'aide d'un paquet de mesures politiques. Pour atteindre les différents objectifs de la protection de l'environnement, les entreprises doivent souscrire à des obligations volontaires, que les autorités seront à même de contrôler et de sanctionner en cas de non-respect. Il est urgent de favoriser les technologies compatibles avec l'environnement. Des mesures de politique fiscale et de politique réglementaire doivent récompenser les projets et les comportements écologiques. Les syndicats accordent une grande importance à une révision socio-écologique du système fiscal. Nous voulons diminuer les charges pesant sur le facteur travail, pour renchérir en même temps par des taxes et des prélèvements la consommation de l'énergie et des matières premières. Il faudra allouer des compensations sociales aux salariés, qui doivent supporter des charges élevées dues au prix à payer pour l'énergie et les matières premières, sans profiter pour autant d'une diminution des charges grevant le facteur travail. Il faudra accorder des exemptions et des réductions fiscales aux entreprises ou aux secteurs industriels, qui ont à supporter à cause de la spécificité de leur production (énergie de processus p.ex.) des désavantages par rapport à leurs concurrents étrangers.

3. Pour une plus grande justice sociale

La répartition des revenus et du patrimoine reste déséquilibrée. Les syndicats ne sauront se satisfaire d'une telle situation. La politique tarifaire reste donc synonyme de politique de répartition. Nous luttons pour une plus grande équité de répartition par des mesures relevant de la fiscalité, des conventions tarifaires, des patrimoines et de la politique de société.

La répartition injuste des revenus est encore exacerbée par la politique fiscale, car les recettes fiscales proviennent de plus en plus de l'impôt perçu sur les revenus des salariés. Le système fiscal favorise en outre le modèle dépassé de la personne unique assurant le soutien de la famille. Les syndicats sont en faveur de l'imposition individuelle des revenus. Les avantages fiscaux offerts par la division en deux des revenus des époux à des fins d'imposition ("splitting") doivent être limités et remplacés progressivement par un système de péréquation des charges familiales.

Tous les citoyens doivent contribuer selon leurs capacités au financement des réformes socio-économiques. D'où la revendication des syndicats d'y faire participer avec des parts appropriées les personnes à revenus élevés et les grosses fortunes. Seulement dans ce cas - et si la qualité de la vie est améliorée et si les prestations sociales prennent la place des charges individuelles - nous croyons pouvoir justifier une participation financière des personnes à revenus moyens aux réformes socio-écologiques.

Nous demandons des actions énergiques contre la fraude fiscale, qui est largement répandue. Il faudra en outre appliquer en Europe des règles uniformes en matière d'imposition du produit des intérêts et des accords internationaux pour enrayer l'évasion fiscale. Des mesures efficaces d'imposition doivent grever les grosses fortunes et les grands héritages, les gains spéculatifs et les transactions de devises.

Les salariés restent toujours largement exclus de la propriété au capital productif. En Allemagne de l'Est, on n'a pas réussi à profiter de la privatisation des patrimoines et de la formation du nouveau capital productif pour réaliser une répartition plus équitable des revenus. D'où le renforcement de nos efforts pour augmenter la participation des salariés au capital productif. Nous demandons des propositions de loi permettant aux syndicats de prendre les initiatives correspondantes en matière de politique tarifaire.

4. Créer des conditions de vie identiques dans les régions

L'Etat social est tenu à créer des conditions de vie identiques pour tous dans toutes les régions. Ce qui vaut aussi bien pour l'Allemagne que pour l'Europe. Les syndicats exigent que les mesures relevant de la politique régionale, industrielle, technologique et du marché de l'emploi forment ensemble avec les objectifs poursuivis par la politique en faveur des femmes un ensemble bien ficelé, afin de pouvoir améliorer les chances de développement des régions défavorisées et d'assurer à leurs habitants les conditions de vie équitables garanties par la Constitution.

Une compensation sociale entre l'Allemagne de L'Ouest et l'Allemagne de l'Est est devenue inéluctable. Nous voulons réaliser le plus rapidement possible l'unité sociale entre l'Est et l'Ouest.

Dans les nouveaux Länder, les conditions de travail et de vie ont été améliorées pour une grande partie des habitants. Mais beaucoup de salariés ont été réduits au chômage, ils vivent dans des conditions peu sûres et dans la crainte de l'avenir. Nous sommes donc en faveur d'une politique favorisant les investissements et le rapprochement des salaires. Il faut créer dans les nouveaux Länder des emplois industriels. Nous sommes opposés à tout abaissement du niveau des prestations sociales et au contournement des conventions collectives. L'emploi subventionné par les autorités publiques doit trouver avant tout dans les nouveaux Länder une meilleure assise, afin de donner lieu à la création de nouvelles activités industrielles et commerciales.

5. Marché et Etat, Cogestion et Configuration

La direction dogmatique des affaires de l'Etat, telle qu'elle a été pratiquée par le passé, n'offre plus de perspectives d'avenir. D'un côté, les Etats autoritaires se sont révélés incapables d'accorder les libertés politiques fondamentales et de suivre les nécessités de l'efficacité économique. De l'autre côté, les économies de marché de type capitaliste se sont montrées incapables d'assurer de leurs propres forces le plein emploi, une répartition équitable des biens, des conditions de travail humaines et d'assumer les mesures de prévoyance nécessaires. A l'avenir, il faudra bien dépasser les oppositions traditionnelles entre gestion rationnelle et responsabilité macro-économique, entre marché et Etat et régulation du destin de la société.

L'économie de marché à régulation sociale est par rapport au capitalisme effréné un grand progrès historique. L'économie sociale de marché a produit un niveau de bien-être matériel élevé. La régulation sociale - qui reste surtout l'oeuvre des syndicats - a réussi à faire participer de très larges couches de la population à ce bien-être. Mais l'économie sociale de marché n'a pas réussi à éviter ni le chômage de masse, ni la dilapidation des ressources; elle n'a pas réussi non plus à établir l'équité sociale.

L'ordre démocratique et social de l'Etat, tel que nous le vivons actuellement, est l'aboutissement d'une longue série de luttes sociales et politiques. Mais cet ordre est loin d'être stable et il n'est pas bâti pour durer jusqu'à la fin des temps. La fin de la concurrence entre les systèmes politiques est utilisée par les représentants du capital et par les néolibéraux, pour chercher à réduire le niveau des acquis sociaux, participatifs et tarifaires, qui font toute la qualité de l'économie sociale de marché. Si et dans quelle mesure nous allons réussir à préserver ces acquis et si nous allons pouvoir imposer à un ordre économique mondial en évolution radicale de nouveaux standards démocratiques, sociaux et écologiques, dépendra largement du rapport des forces à l'intérieur des sociétés.

Ce rapport des forces dépend à son tour de la capacité de la population active à former un contre-pouvoir et il dépend des forces et des capacités d'imposition des syndicats, des mouvements sociaux et des organisations politiques.

Nous préconisons aussi bien la régulation effectuée par l'économie de marché que les interventions perpétrées par un Etat social actif. Nous défendons le dialogue dans la société et la cogestion. Et nous voulons réaliser des réformes socio-écologiques. Car ce sont ces éléments, qui permettront dans leur ensemble, à former une économie capable de répondre aux intérêts de la société.

Les syndicats veulent participer aux décisions de la société déterminant la vie, le travail et l'économie de ses citoyens. Nous voulons nous mettre d'accord sur les valeurs prioritaires pour nos actions. Mais nous ne devrons pas renoncer à imposer le cas échéant par des conflits très durs les réformes économiques et de société qui s'imposent.

Toute action de configuration politique, qui comptera en présence d'intérêts divergents et d'une constellation contraire des forces, sur le bon sens de la société, dépendra très largement de la capacité de dialogue et de consensus des groupements de société, des droits et des compétences de participation accordés au salariés et à leurs syndicats, de l'aptitude à pouvoir diriger les affaires de société, de la légitimité des décisions économiques et de la force d'imposition des syndicats.

Le renforcement de la cogestion est pour nous le point central de tout ordre social et démocratique de l'économie et de la société. Il faudra disposer à cet effet, à côté des droits de cogestion dans les entreprises, également de droits d'influence et de configuration dans les autres secteurs de la vie de société. Le renforcement de ce système de dialogue, de participation et de cogestion devra passer par des organes de consultation et de direction de la politique industrielle et des services dans les régions, dans les différentes branches industrielles et dans les instances transnationales. Ces éléments vont établir un lien entre les décisions prises au niveau de l'entreprise individuelle et les plans pris pour engager l'avenir de la politique industrielle et structurelle.

6. Pour un ordre économique mondial juste

Nous voulons réorienter fondamentalement les relations politiques et industrielles entre les grandes puissances économiques et intégrer les pays en émergence et en voie de développement dans un ordre économique mondial juste et social.

Les échanges entre les pays hautement industrialisés devraient être menés sur un pied d'égalité et de réciprocité. Les échanges entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement devraient contribuer à diminuer les exploitations et les dépendances unilatérales. Les syndicats soutiennent pour ces mêmes raisons les pays en voie de développement, qui exigent une annulation de la dette, une amélioration des chances d'exportation et une stabilisation des produits de ces exportations.

Nous envisageons un partage mondial du travail, qui permettrait aux pays en voie de développement d'y participer sur un pied d'égalité. D'où la nécessité d'orienter les échanges à des règles de solidarité et d'équité.

La régulation valable pour les marchés nationaux devrait s'appliquer en principe également aux relations commerciales internationales. Ce n'est que dans le cadre d'une régulation bien précise que le commerce mondial libre peut se prévaloir entièrement de ses avantages et aboutir à un gain en bien-être et en justice sociale. Nous exigeons que l'Organisation Mondiale du Commerce adopte une politique active à cet effet. Et nous favorisons le commerce mondial libre par rapport à toute stratégie protectionniste, à condition que ces règles soient mises en application.

Tout ordre économique mondial équitable sera menacé par les dangers émanant du dumping écologique, social et salarial.

Aucune économie ne saura se permettre à la longue l'ouverture des frontières à des produits venant de pays pratiquant le dumping écologique et social pour emporter des marchés. L'ouverture des marchés doit être sanctionnée dans les pays en voie de développement par l'octroi de nouvelles libertés démocratiques et par le droit de constituer des syndicats indépendants. Des syndicats libres aideront à faire respecter un minimum de normes sociales et écologiques.

Les états industriels ne peuvent pas exiger un développement social juste et écologique durable des autres, s'il ne sont pas disposés à faire de même. L'Allemagne doit donner l'exemple dans des domaines, où les autres se montrent encore réticents, pour aboutir à un tournant dans la politique internationale du commerce et du développement. Il faudrait aboutir pour tous les produits et biens commerciaux à des standards, qui en garantiraient durablement la compatibilité sociale et écologique.

La mondialisation de l'économie réduit à néant les efforts entrepris par des nations individuelles. Les guerres commerciales et les spéculations sur les monnaies peuvent ruiner des économies entières. Un ordre plus équitable de l'économie mondiale exige également, que les guerres commerciales soient enrayées et que les places financières internationales soient régulées. Il faudra assurer une coordination plus efficace de la politique monétaire internationale et il faudra disposer rapidement d'instruments utiles pour endiguer durablement toute spéculation internationale sur les devises.

La mondialisation des relations économiques ne doit pas conduire à des emplois illégaux et à du dumping salarial. Les syndicats veulent améliorer les conditions de travail dans l'Union Européenne par des standards sociaux minimaux.


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C'est ce que nous faisons

Document type is application/pdf.

DGB. La Conféderation des Syndicats Allemands: Comité Executif Federal, Structure, Service, Regiones et Districts.