Deutscher Gewerkschaftsbund

L'avenir des syndicats

Placés devant de nouveaux défis, les syndicats veulent continuer à défendre avec énergie et efficacité les intérêts de tous les salariés. Pour ce faire, ils veulent augmenter leur attractivité pour tous les salariés, donc également pour ceux, qui sont restés jusqu'à maintenant dans une position d'attente ou de scepticisme vis-à-vis du mouvement syndical.

1. Réaliser la diversité dans l'unité

Dans de nombreux secteurs et dans de nombreux domaines d'organisation, la structure des membres est celle de la structure de l'emploi des années soixante. Pour inverser ce processus, il faudra passer par une longue phase de travail d'organisation. Nous voulons analyser nos faiblesses, profiter de nos points forts er relever les nouveaux défis.

Nous voulons nous approprier avant tout les expériences et les problèmes des jeunes, des femmes et des employés des petites entreprises, tout comme ceux des employés et des fonctionnaires des secteurs "éloignés" des syndicats. Nous voulons dorénavant prendre beaucoup plus en compte leurs intérêts - dans la politique vis-à-vis des entreprises et dans la politique tarifaire, tout comme dans les réformes de société à proposer.

Les syndicats veulent s'ouvrir aux salariés, où le contact ne passe pas par les entreprises et les administrations. Nous voulons nous occuper plus intensément des intérêts des chômeurs, des personnes en préretraite et des personnes âgées; nous voulons développer pour ces personnes des formes de coopération.

L'ouverture signifie également un intérêt plus prononcé pour les jeunes, qui sont en train de faire leur formation professionnelle dans les écoles et dans les universités. Un nombre croissant de jeunes choisit des carrières de formation professionnelle situées en dehors des entreprises. Nous voulons réunir leurs intérêts à avoir une bonne formation et des perspectives d'avenir sûres avec ceux des jeunes, qui font leur formation dans les entreprises.

La volonté manifestée par les salariés de s'organiser et d'agir renforce les rangs des syndicats. Nous n'allons nullement les négliger à l'avenir. Il s'agit seulement de développer une plus grande sensibilité pour la variété des intérêts de gens réunies dans une organisation, qui ont des histoires différentes, proviennent de carrières différentes et qui ont des attentes différentes quant à l'avenir de leur travail et de leur vie personnelle. Car seulement s'ils reconnaissent les intérêts divergents, les syndicats seront capables de mener une politique solidaire de défense pour ces mêmes intérêts.

2. Elargir les compétences et la participation

L'avenir des syndicats dépend de leur présence dans les entreprises et dans les services. Car c'est ici qu'ils peuvent s'approprier au mieux les intérêts des employés. Ces intérêts sont le fil conducteur de toute activité syndicale, ce qui demande un débat et une argumentation différenciée, car il s'agit de compenser et de réunir des intérêts divergents.

Il sera donc nécessaire de mettre dans les entreprises l'accent sur la participation et la coopération. Les conseils d'entreprise et les comités du personnel, les représentations des jeunes et des apprentis, les personnes chargées du travail des femmes, les personnes de confiance des syndicats et les différents experts spécifiques devront s'évertuer à trouver de nouvelles formes de coopération et de partage du travail pour affronter les nombreuses tâches qui se posent. Les syndicats veulent renouveler leurs structures dans les entreprises dans ce sens. Ils vont s'efforcer pour créer également des représentations du personnel dans les petites et moyennes entreprises.

Nous voulons imbriquer beaucoup plus étroitement le travail syndical mené dans les différentes fabriques et entreprises, afin de développer des concepts et des orientations communes pour nos actions. Dans ce contexte, les connaissances et les expériences de nos nombreux fonctionnaires honorifiques seront d'une importance tout à fait particulière.

Nous allons établir un lien entre le travail syndical dans les fabriques et dans les services et la politique tarifaire et régionale, pour les placer ensuite dans le cadre d'une stratégie pour la réforme de la société.

Nous allons renforcer notre influence dans la société, dans les médias et dans les partis politiques. Nous allons dialoguer avec les églises et le monde des sciences, avec le monde économique et politique, avec les mouvements d'initiative des citoyens et avec les autres groupements, afin de les gagner pour nos positions. Nous aurons à nous poser de nouvelles questions, à vérifier nos positions et à les faire évoluer.

Le dialogue entre les églises et les syndicats et l'engagement des salariés dans les églises et dans les syndicats représente une contribution importante pour assurer la cohésion sociale dans notre société.

Mais nous allons continuer à développer en toute indépendance nos opinions au sein des syndicats. Nous n'allons accepter aucune ingérence venue d'autres groupements ou d'autres partis. Nous rejetons clairement toute coopération avec des partis ou des groupements, dont les valeurs fondamentales seraient en opposition avec les valeurs et principes que nous défendons.

La politique des réformes de société commence pour nous dans les entreprises et dans les administrations. C'est à partir d'ici que les syndicats devront lancer leurs avis de réformes, quand il s'agira de participer aux grands débats de société.

3. Renouveler la culture de l'organisation

L'individualisme croissant et la diversité des intérêts modifient la culture et la structure de l'organisation des syndicats. Nous allons continuer à faire progresser ce processus, afin de donner naissance à des intérêts communs, qu'il s'agira de défendre.

La légitimation et le caractère obligatoire des décisions prises selon les usances démocratiques des syndicats seront renforcés, si ces décisions deviennent plus transparentes, si elles sont prises à l'issue d'un débat exhaustif et si les membres participent activement à leur exécution.

Etre transparent signifie également, vouloir renforcer le travail honorifique. Ce qui n'exclut pas de faire des propositions de "participation" à des personnes, qui ne veulent pas s'engager à la longue. Etre transparent dans son travail syndical signifie également, apprendre à faire preuve de tolérance et de sérénité vis-à-vis de groupements, pour qui la pratique journalière des syndicats n'est pas encore ou n'est plus une évidence.

La politique menée par les syndicats dans les entreprises et dans le secteur tarifaire doit unir collectivité et individualité. Une culture plus ouverte de notre organisation, marquée par la tolérance et la participation, confert un plus grand poids à nos valeurs de solidarité, d'aide mutuelle et d'autodétermination démocratique.

4. L'avenir de la défense des intérêts par les syndicats en Europe

C'est précisément après la deuxième guerre mondiale que les syndicalistes allemands étaient des représentants acceptés en Europe, qui luttaient pour la paix, la coopération, la compréhension et la réconciliation au-delà des frontières et qui voulaient avoir une Europe commune, afin de dépasser toute velléité de pensée nationale. Les syndicats ont toujours été un grand mouvement pour la paix; d'où leur responsabilité particulière pour défendre l'idée européenne.

Après le démantèlement des blocs est-ouest, le mouvement syndical international et européen est appelé à relever de nouveaux défis.

Les syndicats réunis dans la Confédération Européenne des Syndicats veulent avoir une Europe unie, sociale et démocratique.

Nous les rejoignons pour défendre le plein-emploi, pour faire des réformes socio-écologiques et pour garantir un niveau élevé de protection sociale.

L'un des grands buts poursuivis par les syndicats est d'ancrer durablement en Europe les grands principes de l'Etat social, sans vouloir pour autant imposer un modèle national bien déterminé. Il faudra mener à cet effet une politique active pour l'emploi, assise sur des bases financières et juridiques sûres, et lutter pour un standard minimum en matière de droits du travail et de droits sociaux.

L'Europe doit garantir totalement les droits fondamentaux et les droits de l'homme. En Europe, les salariés doivent également avoir le droit de défendre et de faire appliquer leurs droits.

L'Europe, c'est plus que l'Union Européenne. Pour cette raison, le DGB soutient l'élargissement progressif de l'Union Européenne par l'adhésion d'Etats d'Europe centrale, orientale et méridionale.

Les syndicats allemands savent, que les salariés doivent se faire entendre en Europe d'une voix forte et unie. La défense des intérêts des syndicats en Europe pourra à l'avenir être assurée par des organes syndicaux efficaces. D'où notre volonté de renforcer la Confédération Européenne des Syndicats et de consolider les structures syndicales européennes dans les différents secteurs et domaines.

La future Union économique et monétaire européenne demande une coopération intense des syndicats dans le domaine de la politique tarifaire.

Il faudra par ailleurs étendre le travail des conseils syndicaux inter-régionaux, afin de peser sur la politique sociale, économique, structurelle et culturelle des régions.

Notre programme à long terme est une contribution et une part de la défense commune des intérêts des syndicats au niveau européen et au niveau international. Il décrit les valeurs fondamentales communes et les objectifs de la politique des syndicats, qui représentent la base politique commune pour le travail de tous les syndicats et qui sont le fond de notre solidarité.

Nos traditions et nos responsabilités veulent que nous nous engagions au-delà des frontières pour la paix, la coopération, la compréhension et la réconciliation. Notre conviction est claire et nette: celui qui s'ouvre aux différentes traditions et cultures en Europe en sort enrichi et non apauvri. Nous considérons l'Europe comme un progrès réalisé dans la marche vers un monde pacifique.


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C'est ce que nous faisons

Document type is application/pdf.

DGB. La Conféderation des Syndicats Allemands: Comité Executif Federal, Structure, Service, Regiones et Districts.