Deutscher Gewerkschaftsbund

Former l'avenir - à nous d'y participer

Les syndicats défendent les intérêts des personnes, qui exercent une activité rémunérée, qui aspirent à trouver une formation ou un emploi, qui sont au chômage ou à la retraite.

Les syndicats sont des organisations pour la défense des intérêts; ils cherchent à imposer leurs objectifs et leurs revendications contre d'autres intérêts, si nécessaire au moyen de la grève.

Ils ont été créés pour former par leur cohésion un contre-pouvoir performant contre la puissance du patronat et du capital et pour surmonter l'exploitation et l'oppression.

Mais les syndicats sont également des organisations de société appelées à s'occuper, avec les autres mouvements sociaux et forces politiques, de la configuration de la vie de la société.

Notre travail est guidé par la vision d'un avenir digne d'être vécu et garantissant la liberté, la justice sociale, le bien-être et la responsabilité écologique.

Nous luttons pour une société solidaire assurant une répartition équitable des revenus, du patrimoine et des chances de vie.

Nous luttons pour l'émancipation des sexes et pour leur traitement sur un pied d'égalité, afin de répartir les charges de la vie de travail et de la vie de famille selon les règles du partenariat.

Nous nous employons à réaliser l'unité sociale; nous luttons pour des conditions de travail et de vie, qui soient partout égales en Allemagne. La démocratie parlementaire et représentative est l'acquis le plus important des sociétés modernes. Elle est la seule à permettre la réalisation des réformes de société. Les syndicats vont défendre la démocratie parlementaire contre toutes les attaques; ils se réclameront à cet effet également du droit à l'opposition inscrit dans la Constitution. Car l'histoire nous a appris: les syndicats libres et la démocratie se conditionnent mutuellement.

Nous nous engageons à réaliser une démocratisation plus poussée du monde du travail, de l'économie et de la société, nous combattons pour les droits de l'homme et pour les droits civiques; nous luttons pour les droits et pour les chances des travailleurs, qui leur permettront de déterminer eux-mêmes leurs conditions de vie et de travail.

Le mouvement syndical en Allemagne est lié à sa tradition et à son histoire: démocratie et liberté, égalité et justice, solidarité et tolérance ont toujours été les guides de notre action. Ces principes continuent à former au seuil du 21ème siècle la base essentielle pour assurer la paix en Europe et au monde et pour compenser les inégalités et les conflits entre les intérêts sociaux.

Les syndicats resteront également à l'avenir des organisations de lutte pour la défense des intérêts et pour la réalisation des réformes de société. Ils doivent combattre pour un autre avenir, pour des alternatives de société, pour l'élimination de l'injustice sociale et de la destruction écologique. Ils doivent former un pôle d'opposition et de contre-pouvoir, mais également un centre d'initiatives et de concepts prometteurs pour l'avenir, afin de faire triompher les principes de liberté et de démocratie, de solidarité et de justice.

Les syndicats à orientation politique, qui s'étaient formés à la fin du 19ème siècle, se sont transformés après la Deuxième Guerre mondiale en syndicat unitaire pluraliste et indépendant des partis politiques. En surmontant avec succès le fractionnement de leur mouvement, les syndicats ont tiré les conséquences de leur échec le plus cuisant, c.à.d. la capitulation sans coup férir devant le national-socialisme en 1933. Sans oublier l'héritage laissé par les syndicalistes morts au cours de la lutte contre la dictature.

L'interdiction et la dissolution des syndicats par la dictature fasciste a prouvé la chose suivante: le mouvement syndical libre et la dictature politique sont inconciliables. Ce qui a été prouvé à nouveau en Allemagne de l'Est, quand on a utilisé abusivement le mouvement syndical comme courroie de transmission du Partie d'Etat tout en l'intégrant dans un système d'injustice et d'oppression.

Réunir les tendances libérales-socialistes et chrétiennes-sociales des syndicats dans un mouvement unitaire basé sur l'égalité des intérêts et des valeurs fondamentales et de la tolérance réciproque, reste le préalable essentiel pour constituer un pouvoir d'imposition et une force de configuration. Nous voulons préserver cette diversité dans l'unité tout en lui procurant des bases encore plus solides. D'où notre prétention de parler au nom de tous les travailleurs.
La défense de nos valeurs fondamentales a été et reste la condition essentielle pour le succès des syndicats. Elle va déterminer également notre action pour affronter les effets de la mondialisation et de l'évolution de la société et renforcer le pouvoir d'imposition des syndicats.

La lutte pour l'amélioration des conditions économiques et sociales et pour le renforcement de la position politique des travailleurs dans la société, a transformé les syndicats en une puissance de protection et de configuration performante et consciente de son succès. En Allemagne, beaucoup de travailleurs vivent de nos jours dans des conditions de bien-être inimaginables pour les générations précédentes. Mais au seuil du 21ème siècle, un nombre de plus en plus grand de personnes est réduit à faire l'expérience du chômage de masse, d'une nouvelle pauvreté et d'un démantèlement des prestations sociales, dont on avait toujours supposé qu'elles étaient bien assurées.

Même à l'avenir, notre société ne saura pas renoncer non plus à des syndicats puissants et capables d'imposer leurs revendications. L'opposition entre les intérêts du capital et du travail continue à déterminer l'évolution économique et sociale des économies de marché à orientation capitaliste. En même temps, l'on assiste à l'émergence de nouvelles contradictions politiques et sociales, qui ne sont pas dues à l'opposition entre les intérêts du capital et du travail. Les conflits entre les sexes, entre le développement économique et le renouvellement écologique, entre la mondialisation croissante et le rétrécissement ethnique ou national constituent autant de causes engendrant l'oppression et la servitude, la dépendance et l'exploitation.

Tout ceci demande des explications plus différenciées et une compréhension plus large de l'action des syndicats.

La puissance et la capacité des syndicats d'imposer les intérêts des salariés par le conflit et par la coopération avec les organisations du patronat, ont conditionné le développement de l'Etat social et de la société, tout en renforçant les bases de la démocratie.

Mais de nombreux signes portent à croire, que la cohésion de la société commence à se dissoudre. Les injustices et les inégalités de traitement deviennent de plus en plus nombreuses. Le consensus, qui a marqué notre société depuis des décennies et qui s'exprime dans les structures de notre Etat social, menace de tomber en ruine.

Si une partie des forces politiques et des organisations économiques et patronales commence à défier les principes de base de l'Etat social, des droits des salariés et des conventions collectives régionales par branches, il appartiendra essentiellement aux syndicats de s'opposer à toute déviation du système vers la droite et aux tendances cherchant à s'engager dans la voie d'un capitalisme effréné.
Ce ne sont pas les lois du marché qui vont conduire à la justice sociale et au renouvellement écologique. La société et son aptitude à diriger le cours des affaires comprend également la défense des intérêts des syndicats dans les entreprises, dans la vie économie et dans la vie de sociét&eacute.; Les tendances radicales du marché et la dérégulation vont laisser libre cours aux forces de destruction. Le fractionnement de la société et la destruction écologique sont un danger pour l'Etat social et pour les bases sociales de la démocratie.

Les syndicats opposent à une conception de la société limitée aux seuls principes de gestion, la priorité qu'ils accordent au bon sens dans la vie de la société. Ils vont continuer à défendre les intérêts humains et sociaux, économiques et écologiques des hommes, pour lesquels le travail rémunéré est la base pour la planification de leur vie quotidienne. Ils ne renonceront pas à être un contre-pouvoir social et une puissance de configuration de la société.

Pour les syndicats, il s'agira avant tout de relever les défis suivants:

  •     la mondialisation des marchés et les changements profonds dans les systèmes de production, de travail et de société qui l'accompagnent;
  •     le chômage de masse et les scissions de plus en plus aiguës dans la société;
  •     la progression de la destruction de l'environnement;
  •     l'individualisation et la différenciation des styles de vie et des valeurs préconisées par les hommes;
  •     les entraves de société et les structures figées, qui continuent à affecter les chances selon la spécificité des sexes;
  •     les mouvements d'extrême-droite et l'émergence des conflits ethniques;
  •     les conflits au niveau mondial disputés souvent avec des moyens militaires;
  •     les séquelles de l'effondrement des états communistes, ce qui a mis fin à une longue époque marquée par la pensée en blocs idéologiques;
  •     la création de chances de vie égales dans tous les Länder de l'Etat fédéral, demandant à notre pays un effort d'intégration sans exemple.


Les expériences vécues au cours du processus de l'unification montrent que ce travail d'intégration sera à réaliser au cours d'une période plus longue et marquée par un changement profond des conditions économiques, sociales et culturelles à l'Est tout comme également - de façon de plus en plus visible - à l'Ouest. Pour de nombreuses personnes vivant dans les nouveaux Länder, la restructuration de leurs nouvelles conditions de vie personnelles et générales est loin d'être terminée.

Les bouleversements intervenus dans l'économie mondiale conduisent d'un côté à une concurrence plus sévère entre les pays industrialisés et de l'autre côté à une course désastreuse entre les pays industrialisés et les pays en émergence et en voie de développement pour profiter des avantages offerts par les sites industriels respectifs. La création de réseaux d'information au niveau mondial favorise la mondialisation et l'intégration de l'économie mondiale. La centralisation du pouvoir économique et des décisions, tout comme la décentralisation de l'activité des entreprises, ne forment qu'un tout.

Mais la mondialisation de l'économie est utilisée également pour exercer des pressions sur les revenus et les standards sociaux.

La mondialisation et la dérégulation déclenchent des bouleversements dans le monde du travail, qui aggravent le chômage de masse et les scissions sociales.

La concurrence sur le marché mondial et la pénurie des financements publics sont avancées comme arguments pour repousser à plus tard la prise en compte des problèmes écologiques.

En même temps, la recrudescence du chômage et de la pauvreté menace la base vitale de notre société. La destruction de l'environnement n'est nullement enrayée. Les dépendances économiques, la stagnation et la paupérisation continuent à progresser dans de nombreux pays en voie de développement.

Les syndicats affrontent les nouvelles réalités dans les entreprises et dans la vie économique, politique et sociale. Nous voulons limiter les risques et mettre à profit les chances, qui nous sont offertes.

Nous considérons les changements intervenus dans les systèmes de travail et de production, ainsi que les nouvelles technologies comme autant de possibilités offertes pour améliorer la productivité, afin d'accroître les richesses de la société et soutenir un développement durable. Les états industrialisés ont avant tout la responsabilité de poursuivre et d'intensifier la reconversion écologique.

Les nouveaux concepts pour l'organisation, la production et les services doivent être mis à profit pour créer de nouveaux produits et de nouveaux services, pour aborder de nouveaux champs d'activité, pour faire évoluer le travail rémunéré d'une façon qualifiée et pour faire participer les hommes à de nouvelles formes de cogestion et de configuration.

La fin du système mondial caractérisé par l'opposition de deux blocs ennemis n'a pas seulement vu naître de nouveaux marchés et de nouveaux concurrents pour les emplois, mais elle offre également les chances pour favoriser le développement en paix et la compréhension entre les peuples et les cultures. En même temps, l'intégration globale permet d'imaginer au niveau mondial de nouvelles formes de coopération pour arriver à une compensation sociale, à la configuration commune de la politique et au renouvellement écologique.
Les syndicats préconisent une Union Européenne démocratique, sociale et économiquement saine. Elle doit assumer une responsabilité particulière au sein du système économique mondial, afin d'avoir des conditions sociales justes ménageant également une place aux pays émergents et en voie de développement

Les changements vécus par les individus dans l'expérience de la vie et dans l'évolution des valeurs conduisent souvent à une concentration sur soi-même, à une singularisation et à une certaine froideur sociale. Mais ces mêmes mouvements poussent les hommes également à un plus grand épanouissement de leur personnalité, à une plus grande volonté d'auto-détermination de la vie de travail, à un renforcement de la cogestion et de la participation. Ces nouvelles expériences et ces nouveaux acquis permettront ensuite de faire de la participation et de la démocratisation du monde du travail et de l'économie une idée, à laquelle tout le monde pourra se rallier.

La solidarité n'est nullement une évidence, sur laquelle on pourra compter de par son appartenance à un horizon de vie, à une origine sociale et à des liens culturels égaux. La solidarité est beaucoup plus que par le passé le résultat d'une compréhension, qu'il s'agit de faire naître et de renforcer.

Comme le caractère individuel et l'épanouissement de la personnalité ne peuvent se réaliser qu'à l'aide de régimes de sécurité collectifs, nous devons préserver et améliorer le cadre social et juridique permettant aux individus de vivre selon les attentes qu'ils ont formulées pour leur propre personnalité.

L'émancipation et une prise de conscience accrue poussent les individus à vouloir participer à la configuration de leur destin. L'Etat social doit favoriser la diversité culturelle. Il doit garantir aux individus et aux groupements de la société les marges nécessaires, qui leur permettront de participer activement à la vie démocratique de l'économie et de la société. La cogestion et l'autonomie tarifaire sont des préalables essentiels à toute société démocratique.

Les syndicats ne sauront accepter l'économie de marché sans le cadre imposé par l'Etat social, par ailleurs ancré dans la Constitution. L'Etat social a l'obligation de réaliser le droit au travail et de créer des chances de vie et d'épanouissement égales pour tous. Il doit mettre sur pied l'égalité des chances et la justice sociale, il doit préserver et renforcer les différents régimes sociaux. Il a la mission d'améliorer la qualité de la vie moyennant la mise en place d'une infrastructure de qualité, de services publics performants et d'une politique énergique pour la protection de l'environnement. L'Etat social est à défendre, parce qu'il représente le fondement d'un ordre plus juste de la société.

Les syndicats ont également une responsabilité à assumer, afin que cette société réalise la démocratie et la liberté, l'égalité des droits et la justice, le développement durable et le renouvellement écologique. La société devra également accorder une priorité au travail et à l'environnement, au bon entendement social et à la compensation pacifique des intérêts.
Nous demandons à tous les salariés de renforcer les syndicats et de participer à la réalisation de nos objectifs. Nous exhortons tous les groupements de la société fidèles aux valeurs fondamentales de démocratie et de liberté, de solidarité et de justice, de se joindre à notre effort. Ainsi, nous pourrons préserver et renforcer notre capacité de participer à la vie de la société pour la réformer.


Vers le haut

C'est ce que nous faisons

Document type is application/pdf.

DGB. La Conféderation des Syndicats Allemands: Comité Executif Federal, Structure, Service, Regiones et Districts.